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Introduction

Comment poser correctement la question du paradis ?

Le thème que nous allons aborder dans ce moment de réflexion spirituelle, porte sur un domaine de la pensée que l’on pourrait croire à caractère religieux… et cependant, nous nous situons bel et bien dans la pensée spirituelle, malgré la connotation religieuse de ce thème… Pourquoi et comment pouvons-nous affirmer qu’un thème se concentrant sur la question du paradis, appartient en réalité à la pensée spirituelle, et ne saurait appartenir à la démarche religieuse ? Pourquoi ? Parce que la religion ne traite pas de la question du paradis, elle traite de l’idée selon laquelle Dieu serait une entité susceptible d’intervenir nommément dans les affaires humaines, une entité qui serait effectivement intervenue dans les termes retenus par les récits des livres dits sacrés… dont la Thorah, la Bible et le Coran pour la partie Occidentale et Proche-Orientale du monde… Dans la pensée religieuse en général, le sujet principal regarde vers la question de la conformation de l’homme à la volonté révélée de Dieu, et la question du paradis est une donnée chevillée au sujet principal… L’accès au paradis après la mort, n’est pas un lieu de réflexion dans la religion, car toute la réponse religieuse se résume dans la conformation ou la non-conformation de l’individu à la volonté révélée de Dieu… avec la multiplicité des interprétations que les courants et sous-courants religieux en donnent…

Que dire de la réflexion théologique à propos du paradis ? Elle ne saurait s’affranchir de la question de la conformation à la volonté révélée de Dieu… Nous devons reconnaître à la théologie en général, reconnaissance que nous reconduisons bien entendu pour les principaux courants théologiques qui consentent à un effort de fusion entre l’exercice de la raison et l’appui sur le texte révélé… nous devons reconnaître à la théologie, la qualité d’avoir pris soin de se doter d’une technicité rationnelle dans un travail de réflexion s’appuyant sur des textes révélés, qui tiennent davantage du récit que de l’essai… Mais nous ne pouvons lui reconnaître comme une qualité, sa volonté de soumettre la force de la raison, à l’autorité de la révélation… parce qu’il aurait d’abord fallu qu’elle ait abouti dans l’effort de démontrer la validité de la révélation, comme une révélation émanant effectivement de Dieu… Nonobstant tout cela, la réflexion spirituelle… au sens de l’idée d’une discipline de pensée cherchant à pénétrer les questions métaphysiques et les questions ésotériques en en cherchant les axiomes et en en dégageant les principes et les lois… la réflexion spirituelle, disons-nous, devrait s’inspirer de l’exigence rationnelle de la théologie, car l’étude des réalités métaphysiques et ésotériques n’est pas moins un lieu de raison, que l’étude des données matérielles et phénoménologiques…


Au fil des « précis de réflexion spirituelle » que nous allons écrire dans cette série des « éléments de spiritualité »… et un « précis de réflexion » est à un « essai littéraire », ce qu’une conférence est à un discours… au fil des ouvrages de cette série donc, nous allons utiliser de manière organique, c’est-à-dire essentiellement implicite, les lois fondamentales et les réalités fondamentales de la pensée spirituelle… de sorte que vous puissiez vous en imprégner d’une manière davantage empirique que méthodique, et afin que la force de ces lois et de ces réalités soit directement agissante et travaille à développer la capacité d’intuition et la capacité d’altitude de votre esprit… Dans le présent ouvrage… qui est un « précis de réflexion spirituelle » comme le seront tous les autres ouvrages de cette série des « éléments de spiritualité »… dans le présent ouvrage, nous allons évidemment examiner la question du paradis, telle qu’elle est posée dans le titre de l’ouvrage, à la lumière des réalités spirituelles et des lois spirituelles… et dans l’esprit de la raison, qui impose une prise en compte rigoureuse des lois spécifiques et des principes spécifiques de l’objet dont on traite… Nous rappelons, comme nous le ferons toujours au début de chaque ouvrage, que nous nous exprimons en notre qualité d’enseignant spirituel, le « nous » étant ici une forme narrative lorsqu’il s’agit de l’expression de l’auteur… et nous précisons que vous êtes libres de prendre de notre propos, ce qui vous convient, et de rejeter ce qui ne vous convient pas. Si notre propos vous permet à quelque degré d’enrichir, d’élargir ou d’approfondir votre compréhension sur les matières que nous traitons, alors nous avons atteint notre but au-delà de toute espérance.

Chapitre I
Qu’est-ce que le Paradis ?

Il faut d’abord séparer l’idée de paradis, de l’idée de Dieu.

Pourquoi une telle séparation préalable ? 

Votre conception du paradis est très souvent l’idée d’un lieu spécial, dont vous ne saurez dire de quelle manière il serait spirituel sans être géographique, tout en restant un lieu qui se distinguerait de tous les autres, et qui signifierait la plus grande proximité avec la présence effective de Dieu… Dans la pensée spirituelle, il n’existe pas de figure de Dieu au sens d’une sorte de grande entité originelle trônant sur quelque promontoire lui donnant une vision panoramique de la création… sa création… Certes, la pensée spirituelle, qui n’est pas une recherche absolue d’abstraction, mais qui est une prise en compte des réalités spirituelles et énergétiques dans le traitement des vérités spirituelles et des principes spirituels… certes, la pensée spirituelle reconnaît l’existence d’entités puissantes capables de maîtriser de grandes quantités et de grandes intensités d’énergies… et dans la pensée spirituelle, les entités humaines sont elles-mêmes en voie d’évolution, tendant lentement vers de tels niveaux de puissance au rythme des respirations de l’univers… Bien que certaines de ces entités puissantes se soient manifestées et soient intervenues dans les affaires terrestres, et bien que certaines d’entre elles aient pu convaincre des peuples terrestres entiers qu’elles étaient Dieu… pour la pensée spirituelle, tout cela appartient davantage à l’histoire des relations difficiles entre l’humanité et des entités puissantes, et cela n’a aucun rapport avec toute la tension d’intelligence qui existe entre la raison humaine, et les questions métaphysiques touchant par exemple au sujet du Divin…


Mais nous n’allons pas pouvoir éclaircir en un seul trait, un problème plus ardu que les présupposés simplistes qui servent de base aux traitements qu’en font les croyants religieux et les enseignants religieux… Nous disons que le Divin n’est pas à confondre avec Dieu, si ce Dieu est l’idée que l’on s’en fait en s’imaginant qu’il serait le protagoniste central de la Thorah, de la Bible ou du Coran… ou même le narrateur central de la Bhagavad Gita, ou le proto-héro du Mahabharata… Que disons-nous à propos du Divin ? Nous disons qu’il n’est pas un objet de la pensée triviale, il est un sujet de la pensée exigeante, et cette pensée doit s’approcher de la question du Divin en acceptant dès le départ le fait que le Divin transcende toute possibilité de saisie par la pensée… et si nous pouvons le dire ainsi : le Divin transcende encore plus toute possibilité de saisie par la perception, peu importe que cette perception opère par des sens dits spirituels… Plus précisément, le Divin est essentiellement un support de travail de méditation réflexive et de méditation contemplative, mais nous n’allons pas expliquer toute la richesse et toute la profondeur des outils de travail qui se trouvent conceptuellement synthétisés dans l’idée apparemment simple de « méditation »… Si nous disons cela du Divin, qu’est-ce que cela implique ? Cela implique que le Divin n’est pas une chose qui interviendrait de quelque manière dans les affaires terrestres… ni aux échelles des peuples, ni à l’échelle des individus… et donc que toute idée de paradis voulant signifier de vivre dans la proximité de Dieu après la mort, parce qu’on se sera conformé à la révélation de tel ou tel livre sacré, est au mieux une fiction de la pensée… au pire : une manipulation spirituelle émanant de certaines entités dont les objectifs n’étaient et ne sont peut-être pas à l’avantage des entités humaines… En tant qu’un lieu spécial particulier, relevant de quelque manière des réalités spirituelles, le Paradis n’existe pas…

Que voulez-vous dire en affirmant que le Paradis n’existe pas ? Le sujet que vous traitez dans ce propos, ne présuppose-t-il pas que le Paradis existe ? 

Nous avons précisé ce qui n’existe pas : le Paradis qui signifierait la promesse de Jésus faite à ceux qui croient en lui, ou la promesse d’Allah faite à ceux qui croient en lui, ou la promesse de Jéhovah faite à ceux qui croient en lui… au sens où la croyance religieuse signifie que le croyant se fait adorateur soumis et serviteur soumis de l’entité à laquelle il croit, en s’imaginant qu’elle est Dieu… La subtilité est que la promesse est bien réelle, et l’entité est bien réelle… La pensée spirituelle ne fait pas de Jéhovah, de Jésus ou d’Allah : des mythes… elle leur reconnaît une existence historique et une existence actuelle, dans une modalité d’existence qui n’est pas réductible au fait de posséder un corps physique, mais qui signifie une réalité énergétique et spirituelle, et néanmoins tout à fait factuelle… comme existe l’esprit de l’homme, cet esprit qui s’incarne dans un corps physique et qui poursuit sa vie après que le corps physique soit mort… La pensée spirituelle reconnaît qu’il existe des entités spirituelles suffisamment puissantes pour pouvoir matérialiser un corps physique quand elles veulent interagir avec des créatures physiques dans des modalités concrètes, sans avoir besoin de prendre une incarnation par voie de naissance… La même pensée spirituelle reconnaît aussi qu’il existe des êtres incarnés qui peuvent transcender les limitations de leur corps physique et vaincre le fait de la mort tel qu’il est expérimenté et compris dans la pensée de l’homme ordinaire… C’est ainsi que Jésus par exemple, bien qu’il soit né de ventre de femme, n’est pas mort… mais a été capable de s’affranchir de la mort… C’est le cas de Jésus, mais c’est aussi le cas d’Enoch et d’Élie, pour ne citer que des exemples compris dans le contexte de la Bible…

 
Là où le croyant religieux est littéralement aveuglé par l’éclat de l’entité à laquelle il croit, et qu’il croit être Dieu… le disciple spirituel se donne le droit et développe la capacité de penser les interactions entre les hommes terrestres et les entités interdimensionnelles, d’une manière qui suppose une certaine distance et une certaine retenue… 

Qu’est-ce qu’une entité interdimensionnelle ? 

Nous parlons toujours des entités spirituelles puissantes… et notamment de celles qui sont suffisamment puissantes pour se mouvoir entre les dimensions et pour se revêtir à leur gré de la matière de la dimension dans laquelle elles veulent se manifester, selon le type de concrétude, si nous pouvons l’exprimer ainsi, de cette dimension… Jéhovah se manifeste à Abraham sous une forme matérialisée : il est un homme qui marche et qui parle, et qui accepte de manger avec plaisir le repas qu’Abraham a préparé pour lui… Mais bien que Jéhovah apparaisse dans une forme matérialisée, il n’est pas un homme ordinaire qui serait soumis aux limitations énergétiques et vibratoires de l’homme ordinaire… il est une entité interdimensionnelle capable de se créer un corps tout à fait physique, pour tout le temps qu’il voudra, selon l’usage qu’il veut en faire… Pour les entités spirituelles au-delà d’un certain niveau de puissance, la mort physique n’est plus une donnée pertinente, et la nécessité de la naissance pour se mouvoir avec un corps physique, est une chose qui n’existe plus… Et quand elles s’incarnent quand même par voie de naissance, elles peuvent s’affranchir de leur corps de naissance, et apparaître à souhait dans un corps tangible après leur mort, comme Jésus le fait auprès de ses disciples… mais un corps qui peut se matérialiser et se dématérialiser à volonté, et qui franchit les murs et les distances sans souffrir d’une loi limitant les déplacements… Pour la pensée spirituelle, ces choses sont non seulement possibles, mais les récits des textes dits sacrés qui les relatent, sont tout à fait vrais… et l’une des fonctions premières de ces textes, est fort justement de conserver sous les yeux de l’humanité, le récit des faits concernant en vérité le potentiel infini de l’esprit… 


S’il faut aller plus loin dans la subtilité… alors nous pouvons dire qu’il existe des royaumes d’outre-mondes au sein desquels certaines entités interdimensionnelles ont statut de régent… et l’idée de Paradis émanant de la pensée religieuse, est une compréhension inachevée et déformée de ce fait… La promesse que fait Jésus, d’accepter dans son royaume à lui, tout humain terrestre qui lui jurerait allégeance pour l’éternité, est une vraie promesse… et en ce sens il existe bien un Paradis de Jésus, comme il existe d’autres Paradis qui sont des royaumes sous la régence d’autres entités interdimensionnelles… Certains chercheurs spirituels, et même certains philosophes académiques, voudraient bien ramener le fond des récits des textes sacrés, à des questions d’astrothéologie… Au regard de la pensée spirituelle, cette posture intellectuelle est motivée par la difficulté d’accepter comme des faits, des choses qui relèvent de l’utilisation de niveaux de puissance qui se situent au-delà, très au-delà, de l’expérience que l’homme ordinaire fait des modestes forces de son propre esprit… C’est la même attitude qui pousse beaucoup de personnes à suspecter l’illusionnisme ou la manipulation lorsque certains hommes semblent manifester des capacités énergétiques extraordinaires… Peu de gens sont capables d’accepter qu’il ait vraiment été possible à l’entité interdimensionnelle qui missionnait Moïse, à savoir Jéhovah, de séparer littéralement la mer en deux… et il n’est pas moins facile d’accepter l’idée qu’aujourd’hui certaines personnes sont capables de modifier significativement votre état de conscience ou votre condition physique en projetant une sorte de fluide magnétique à travers leurs mains ou leur voix…

 
Le Paradis n’existe pas, en tant qu’une telle idée signifierait une absolutisation du Paradis particulier de telle ou telle entité interdimensionnelle… Mais il existe un Paradis de Jésus… et différents Paradis selon les entités interdimensionnelles qui se sont constituées des royaumes d’outre-mondes… que ces royaumes soient de nature physique, ou d’autres natures… Bien qu’il soit nécessaire d’être capable de penser ces questions, en sachant vaincre la tentation de penser dans les termes spécifiques du conditionnement doctrinal, qui est un programme politique en vérité, de l’entité interdimensionnelle qui est en train de se faire passer pour Dieu… directement ou indirectement… vous devez être capables de prendre de la hauteur pour envisager correctement la question du paradis au sens réellement spirituel… Dieu existe, en tant que le Divin transcendant et immanent… mais il n’existe en vérité aucune relation entre le Dieu de la spiritualité essentielle, et les récits des textes dits sacrés… Si vous savez tenir cette altitude de pensée, alors vous n’aurez aucune peine à comprendre notre propos, et vous vous réjouirez même de plonger votre regard dans la vision que nous vous proposons du paradis… Et qu’est-ce que le paradis ? C’est l’un des noms que l’on peut donner à l’ensemble des dimensions les plus élevées du plan spirituel… et aucune entité aussi puissante soit-elle, ne règne dans l’une quelconque de ces dimensions : les êtres qui y demeurent sont libres et ne sont soumis à aucune autorité, mais ils vivent dans la joie et dans la puissance… libres d’expérimenter les nuances infinies de la joie, et les possibilités infinies de la puissance… Mais d’abord, qu’est-ce que le plan spirituel ?

Chapitre II

Comment se représenter le plan spirituel ?

La seule activité de réflexion spirituelle ne saurait être suffisante pour se faire une idée relativement utilisable du plan spirituel… et les choses ne s’améliorent pas nécessairement quand vous essayez de vous faire une idée du plan spirituel, en étudiant les témoignages d’expériences aux frontières de la mort, ou même d’expériences de sorties hors du corps…

 

Êtes-vous en train de dire qu’il est impossible de se faire une bonne idée du plan spirituel ?

 

Non, ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Et cependant il est en effet extrêmement difficile de se faire une bonne idée du plan spirituel… et cette difficulté est telle, qu’elle frise l’impossibilité. En fait nous sommes devant une impossibilité lorsqu’on essaie de faire une déduction directe de la nature et du fonctionnement du plan spirituel, à partir des témoignages aux frontières de la mort ou de sorties hors du corps, si déjà on est capable d’accepter ces témoignages comme étant dignes d’intérêt… ce qu’ils sont. Et si même un esprit qui séjourne depuis des éons sur le plan spirituel, venait vous en enseigner la nature et le fonctionnement, il y aurait en réalité quelque raison de mettre en doute ses dires…

 

Pourquoi ?

 

Parce que la familiarité avec quelque chose, ne vaut pas nécessairement connaissance… Vous vivez dans votre corps physique depuis plusieurs années, quelques dizaines d’années… et cependant, malgré cela, vous ne connaissez pas grand-chose des lois et des phénomènes qui régissent la vie cellulaire de votre corps, à moins que vous n’ayez étudié sérieusement la biologie… Vous séjournez dans la dimension physique depuis quelques dizaines d’années, et bien que vous ayez chaque jour l’expérience des forces et des phénomènes physiques, vous ne savez pas grand-chose de la complexité spécifique des lois et des dynamiques de la matière-énergie de la dimension physique… à moins que vous n’ayez étudié profondément la science physique… C’est l’étude qui permet de connaître quelque chose… l’étude, et non l’expérience familière. Et si l’expérience familière n’est pas une garantie de connaissance, l’expérience momentanée est encore moins en mesure de se constituer comme une source immédiate de connaissance… Êtes-vous en mesure de vous ouvrir à l’idée générale selon laquelle : pour être éclairés dans un domaine, vous devez réfléchir à partir des matériaux fournis et des données travaillées par les experts de ce domaine ?

 

Disons que oui…

 

Êtes-vous certains d’être en mesure de vous ouvrir à cette idée générale ?

 

Disons que… il faut penser par soi-même…

 

Alors comprenez que la meilleure manière de parvenir à penser par soi-même avec quelque espoir de justesse et de pertinence, c’est de vous servir des matériaux qui émanent des personnes qui ont développé leur expertise dans les domaines concernés… Si vous voulez seulement penser par vous-même, alors vous n’irez jamais demander les conseils d’un mécanicien ou d’un médecin lorsque vous serez confrontés à des problèmes dans les domaines concernés… et d’ailleurs, vous n’irez même jamais voir un avocat ou un dentiste en cas de problème dans les domaines considérés… La réalité est que le principe de réalisme vous corrige chaque jour, et vous démontre que vos postures plus ou moins idéologiques ne peuvent pas se rigidifier si vous voulez, en même temps, naviguer d’une manière à peu près heureuse dans votre vie… Mais peut-être que vous ignorez déjà que de telles postures, comme celle qui commande de penser par soi-même, sont des postures idéologiques…

Penser par soi-même, ce n’est pas se refuser à nourrir sa démarche de réflexion par les apports de ceux qui ont peut-être étudié les questions considérées avec une exigence plus pointue… sinon ce n’est pas penser par soi-même, c’est fermer son esprit et prendre le risque de s’enfoncer dans des erreurs plus ou moins grandes… Il semble que nous nous soyons un peu éloignés de notre propos, mais ce n’est pas réellement le cas… nous devons prendre le temps d’ouvrir un chemin à travers la forêt des superstitions et des spéculations, des visions et des témoignages, jusqu’à une conception utilisable de la nature du plan spirituel… Continuons encore un petit peu à dessiner le tracé du chemin que nous allons ouvrir… Quand nous vous disons que nous sommes « enseignant spirituel », comment entendez-vous une telle identification ?

 

Cela veut dire que vous enseignez des choses spirituelles… peut-être à un groupe de personnes… et peut-être que vous guidez des séances de méditation, des cérémonies rituelles, et d’autres choses…

 

Permettez-moi alors d’ouvrir pour vous la compréhension exacte de ce qu’est un enseignant spirituel… même si cette fonction est confondue depuis des siècles avec la fonction de prêtrise spirituelle… Qu’est-ce que la prêtrise spirituelle ? C’est ce qui est incarné dans les fonctions des moines et des swamis, et les variantes multiples de ces fonctions… c’est par exemple le maître zen qui dirige la pratique au sein d’un dojo, ou encore le chaman qui conduit ses rituels dans quelque sorte de cadre plus ou moins traditionnel… La prêtrise spirituelle est relativement codifiée, et il faut appartenir à une tradition, ou se rattacher à une tradition, pour occuper la fonction de la prêtrise spirituelle… et le prêtre spirituel, qui porte donc différents titres selon les traditions, est essentiellement le gardien d’un ensemble de pratiques structurées et d’un ensemble de doctrines fixées la plupart du temps dans des livres traditionnels ou des livres sacrés… S’il est aussi apparemment un enseignant spirituel, c’est en tant qu’il enseigne et qu’il interprète les doctrines traditionnelles dont il est le gardien… et dont il a supposément vérifié la réalisation dans sa propre pratique spirituelle… Mais la véritable figure de l’enseignant spirituel est autre…

 

Et qu’est-ce qu’elle est ?

 

Si vous considérez la figure du poète… le poète est un type particulier de penseur dont le travail consiste à créer des œuvres poétiques… et à travers ces œuvres : exprimer des éclats de beauté susceptibles de nourrir la sensibilité de ses lecteurs… Il peut s’inscrire dans une sorte de tradition de style, ou créer de toutes nouvelles formes de styles, là n’est pas l’important… L’important est qu’il développe suffisamment sa puissance de pensée poétique pour créer des œuvres dignes d’intérêt, et peut-être dignes d’admiration… capables de nourrir la sensibilité de ceux qui les liront… Il peut avoir des lecteurs, des admirateurs et des disciples… et ces disciples peuvent simplement nourrir leur vie avec les œuvres du poète, ou pour certains essayer de devenir poètes à leur tour, mais là n’est pas l’important. L’important c’est l’œuvre, sa force et sa richesse… ce sont les œuvres, leur force et leur richesse. Si le poète n’écrit rien… il n’est pas poète du point de vue de la consistance sociale de sa qualité de poète… c’est en ajoutant une œuvre après l’autre à son corpus, qu’il se constitue socialement poète…

Si vous considérez la figure du romancier, vous retrouvez la même sorte de fonction culturelle… de fonction sociale… Avant que les universités n’emprisonnent la philosophie comme une discipline du corpus universitaire, la figure du philosophe était celle d’un penseur dédié à la réflexion approfondie sur des questions de nature existentielle… des questions de différents degrés et de différentes nuances : la mort et la liberté, l’amour et la guerre, le destin et le hasard, la morale et la loi, la joie et la souffrance, et ainsi de suite… une infinité de questions qui ont toutes en commun de s’intéresser à des modalités fondamentales de l’existence… Plus exactement, le philosophe est un penseur dont le travail consiste à essayer d’arracher des éclats de sens au domaine de l’existentiel fondamental… et lui aussi se constitue socialement philosophe en écrivant des œuvres, et en ajoutant une œuvre après l’autre à son corpus… Ses lecteurs viennent nourrir leur intelligence des choses existentielles et fondamentales au contact de ses œuvres… et nombre de ses lecteurs peuvent devenir des admirateurs et des disciples… Le fait qu’un professeur de philosophie puisse éventuellement devenir philosophe lui-même, ne signifie pas qu’il existerait une correspondance entre la qualité de philosophe, et le statut de professeur de philosophie…

Pour dire les choses dans leur structure la plus simple : le poète est celui dont le travail principal est d’écrire des œuvres poétiques… le romancier : d’écrire des œuvres romanesques ; le philosophe : d’écrire des œuvres philosophiques… Ce n’est pas une caricature de dire les choses ainsi, c’est simplement les ramener à leur essentialité fonctionnelle… Ce sont des penseurs, chacun d’un type différent, et chacun ne prenant d’existence sociale et culturelle selon sa qualité, qu’à travers l’activité d’écriture… Ils nourrissent chez le lecteur : la sensibilité, l’intuition, la conscience, l’intelligence, la raison, la volonté, la détermination, la maturité, la simplicité, ainsi de suite… indifféremment, chacun selon les modalités de sa qualité de penseur… Malgré les tentatives de la société pour apprivoiser les modalités de formation de tout un ensemble de compétences… il n’existe aucune modalité de formation qui pourrait se constituer en référence officielle pour devenir vraiment poète, romancier ou philosophe… C’est en travaillant sa « compétence » ou son « talent » avec une exigence sans concession, que quelqu’un devient substantiellement un penseur… et c’est en faisant usage de cette compétence et de ce talent pour créer des œuvres, qu’il se constitue socialement poète, ou romancier, ou philosophe…

Un enseignant spirituel… au sens substantiel de ce terme… est un penseur spirituel… Il faudrait pouvoir le désigner comme philosophe spirituel… Et son travail est d’écrire des œuvres spirituelles… et le but de ces œuvres est de nourrir l’intelligence spirituelle et la conscience spirituelle de ceux qui les lisent et qui les méditent, qui les étudient et qui s’en inspirent pour leur vie… Lui aussi aura des lecteurs, des admirateurs et des disciples… Nous sommes substantiellement « enseignant spirituel »… et en développant maintenant un corpus d’œuvres spirituelles, nous nous constitutions socialement comme « enseignant spirituel »… mais ceci est seulement une brève parenthèse pour finir de nous situer dans ce qui nous détermine pour créer et proposer ces livres qui sont des « précis de réflexion spirituelle »… D’un point de vue pratique, l’enseignant spirituel est celui chez qui vous devez aller puiser les matériaux de réflexion, afin de réfléchir avec davantage de pertinence et de justesse aux questions dites spirituelles… Si un enseignant spirituel investit vraiment sérieusement sa qualité de penseur spirituel, il ne devrait pas mettre autre chose au centre de son activité principale, que la création des œuvres spirituelles… et s’il y a d’autres choses, elles doivent se situer en périphérie, ou dans des zones d’activités de moindre importance…

Tout ceci étant posé… vous comprendrez que la réponse que nous ferons ici à la question posée, est davantage une matière à méditer, qu’autre chose… Nous sommes en train d’examiner le point suivant : « Comment se représenter le plan spirituel ? »… et vous êtes préparés à entrer dans un processus de réflexion dynamique, plutôt qu’à recevoir un schéma qui aurait la prétention de donner une description en quelque sorte définitive des choses… Le plan spirituel est vivant et extrêmement dynamique… et comprendre comment se le représenter, est nécessairement une opération qui doit imposer l’idée d’une pensée en mouvement, et non d’une certitude qui voudrait s’asseoir quelque part…

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